D’ici et d’ailleurs, 113
Île de Houat, 4 janvier 2026.
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?
Arthur Rimbaud, Le bateau ivre

Tout au bout de l’île, ce matin, je n’ai pas vu le goëland. Il s’était posé sur la plage au ras de la vague, à marée descendante, et s’était envolé par-dessus la dune.
Après lui j’ai marché sur le sable, comme au premier matin du monde, et comme lui, je me suis baignée dans le poème de la mer. De l’autre côté de la pointe d’En Tal, dans la pleine lumière du sud, s’ébattait un troupeau d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.

Des vaches qui broutent dans un pré givré – un pan de toit bleu sous le ciel gris : à quelques encâblures de la Gare Montparnasse, on est déjà ailleurs. Ensuite, à trois heures de grande vitesse, une heure d’autocar et trois quarts d’heure de bateau, l’hiver, c’est déjà le bout du monde.
L’hiver, ici.
Sur les maisons du village, l’expo-photo « Des Rives » est restée accrochée depuis l’été : des images du littoral d’ici, et du Sénégal. J’ai reconnu les plages de là-bas, les embarcations. Les gestes. La mangrove.
Ailleurs est ici, sur les murs comme en nous – hic et nunc.

L’après-midi, j’ai marché de l’autre côté de l’île, vers la côte sauvage. Longtemps j’ai regardé un cormoran pêcher dans le soleil, au-delà des rochers : immobile et soudain – un saut périlleux plus rapide que l’éclair et – plouf. Invariablement, il refaisait surface au bout de dix-huit secondes. Et six secondes plus tard, replongeait.
Chères amies, chers amis, je reprends aujourd’hui cette chronique pour vous souhaiter la meilleure année possible. Des matins tout neufs, de tranquilles dérives et de douces ivresses. Des envols à tire d’ailes, des plongeons en eaux profondes, de bonnes pêches, des solitudes heureuses et d’heureuses rencontres. Des oiseaux, tout plein. De la Vigueur. Des voyages immobiles ou de longs déplacements vers des ailleurs proches ou lointains. Des ailleurs ici présents.

Belle et bonne année pleine de ces mots tout à la fois voyageurs et ancres de nos bonheurs .
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Merci Patrick ! et bonne année à toi !!
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bonne année !
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merci cher Lucas ! bonne année à toi – à Groix, Houat ou ailleurs !
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Merci chère Marie, c’est magnifique………
Je te souhaite une très belle année.
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Bonne année à toi chère Valérie !
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bonne à toi Marie, il nous faut le vent, la mer et l’estran !
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oui, Christian, il nous faut les grands horizons, les ciels clairs ou mouillés, le vent… Bonne année à toi !
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Quel beau texte qui bien sûr au Sénégal fait écho!
Je te souhaite uen belle année 2026 joyeuse et lumineuse.
Marie
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Bonne année à toi, à Ten Bi, et bon vent à tous vos projets !
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